Béret, baguette et journal : le français de Belgique est-il vraiment celui qu’on croit ? Billet collectif 1 groupe 9

Béret, baguette et journal : le français de Belgique est-il vraiment celui qu’on croit ? Billet collectif 1 groupe 9

La Belgique est considérée par certains français comme un département de l’hexagone, refusant d’adopter les us et coutumes de leur pays d’accueil, possédant un sentiment d’identité nationale très fort et un penchant pour le communautarisme. Uccle est certainement le quartier le plus emblématique de ce cliché avec ses 8715 ressortissants recensés en 2016.

Afin de s’inscrire dans le thème de l’année, nous voulions nous intéresser à la communauté française installée à Bruxelles et aller à la recherche de leur(s) identité(s). Notre question initiale consistait à savoir à quel point la communauté française d’Uccle était intégrée à leur nouvelle ville et à quel point un lien fort avec la France persistait. A cet égard, le lycée français semblait être le terrain idéal mais, après réflexion, cette étude eut été déjà biaisée par le fait que les lycéens qui y étudient font, par définition, preuve de communautarisme. Nous avons alors décidé d’entamer une comparaison synchronique entre les sentiments des lycéens français du lycée français et des étudiants français dans des écoles belges à Uccle qui semble une alternative réalisable et permettra de mettre en exergue des résultats plus nuancés.

Dès lors, notre problématique est : “Comment, en 2018, les lycéens français à Uccle perçoivent-ils leur identité nationale et leur intégration en Belgique ?”. Il semble périlleux de vouloir mesurer une identitée par le biais d’éléments purement factuels, une des premières difficultés sera donc de trouver des indicateurs fiables. Pour atteindre cet objectif nous allons allier l’enquête par questionnaire, les entretiens et enfin les focus-groupe qui nous permettent d’aborder un public jeune et d’adapter notre communication.

Notre hypothèse de départ est que le lieu de socialisation a un impact sur l’identité des personnes. Il semble naturel de penser que les élèves de lycée belge soient plus conscients de l’ambivalence de leur identité que ceux de lycée français, mais certainement aussi plus victimes de stéréotypes dans leur vie de tous les jours.

“La socialisation désigne les mécanismes de transmission de la culture ainsi que la manière dont les individus reçoivent cette transmission et intériorisent les valeurs, les normes et les rôles qui régissent le fonctionnement de la vie sociale.”
Michel Castra, « Socialisation », Sociologie [En ligne], Les 100 mots de la sociologie, mis en ligne le 01 août 2013, consulté le 28 février 2018. URL : http://journals.openedition.org/sociologie/1992

Nous souhaitons adapter ce concept, postulant que ce phénomène peut également s’appliquer à l’identité nationale. La démarche consiste à voir si un phénomène de socialisation latente est visible. L’intérêt des entretiens avec les familles est de pouvoir inclure l’environnement de l’élève. Nous nous intéresserons donc aux valeurs et à l’identité avec laquelle les parents se définissent et veulent transmettre aux enfants. Nous souhaitons profiter de cette enquête de terrain pour tenter de voir s’il existe un mécanisme de socialisation plus important auprès des jeunes français dans une école belge. Nous trouvons pertinent d’adapter ce concept pour saisir l’identité en formation au sein de ces jeunes. Le but du jeu sera donc de mettre en exergue ces processus de socialisation (est-elle voulue?) et de tenter de définir l’identité nationale de ces jeunes.

Les difficultés pressenties pour ce travail sont, d’une part, la création d’un questionnaire exhaustif, facile à comprendre et non biaisé, basé sur des indicateurs fiables et représentatifs du phénomène que nous voulons étudier et d’autre part, le traitement des données quantitatives par logiciel, et enfin les défis pratiques d’accès aux sources et au public très précis que nous avons choisi. En outre, la condition sine qua non de notre enquête est que les directeurs de deux lycées acceptent de nous ouvrir leurs portes et de proposer nos questionnaires à leurs élèves.

 

groupe 9
Rosita Courtot, Edwige Huant, Elias Louz, Mathieu Solal

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