La construction d’une identité militante au sein des hébergeurs de la « Plateforme d’Hébergement Citoyen »
Au début du mois de novembre 2017, des affiches et autocollants sont collés dans différentes villes belges. Les initiateurs souhaitent dénoncer la politique migratoire du gouvernement avec le #NotInMyName et des phrases qui interpellent telles que « Aujourd’hui, des citoyens hébergent des migrants pour les protéger des rafles. Ça ne vous rappelle rien ? ». Les médias partagent alors l’information et le message se fait entendre auprès de la population. Les liens de la plateforme et du groupe Facebook permettant de devenir hébergeur, chauffeur ou simplement de se tenir informer, de suivre ou de soutenir le mouvement sont présents dans différents articles. (1)
Notre travail tentera de comprendre « Comment le phénomène migratoire a-t-il créé une identité militante au sein des hébergeurs bruxellois du groupe Facebook de la Plateforme d’hébergement citoyen depuis novembre 2017 jusqu’en avril 2018 ? ».
À travers cette question, nous espérons pouvoir déterminer si un lien existe entre deux phénomènes: le premier, le phénomène migratoire, et le second, l’identité militante. Située à l’échelle micro, notre étude portera sur les comportements des individus au sein d’un mouvement citoyen d’aide aux migrants. Nous tenterons de déterminer si une identité militante s’est développée suite au phénomène migratoire de ces dernières années.
Notre analyse sera centrée sur un mouvement citoyen, celui de la « Plateforme d’hébergement citoyen », et plus précisément sur les Bruxellois qui hébergent des migrants via leur groupe Facebook. À l’aide d’un questionnaire partagé sur le groupe, nous espérons toucher un grand nombre de cas. Les questionnaires en ligne ont l’avantage d’être facilement généralisables, de rapidement cibler différents profils, ainsi que de toucher un plus grand public en peu de temps. Différents programmes informatiques permettent d’avoir une information déjà traitée et facilitent donc le traitement des données. Des entretiens individuels seront, par la suite, menés auprès de quelques personnes qui ont participé aux sondages, et ce en fonction des différents publics ciblés. Nous nous focaliserons sur des cas typiques du phénomène, c’est-à-dire des personnes qui ont développé une identité militante afin d’assurer un bon accueil aux migrants malgré la crise de ces dernières années. Ces entretiens apporteront davantage de détails sur la création, ou non, d’une identité militante et des facteurs qui les ont influencés.
Pour des raisons de faisabilité, notre étude se limitera aux citoyens qui hébergent des migrants à Bruxelles depuis la campagne d’affichage #NotInMyName, en novembre 2017, jusqu’à la publication de notre questionnaire, prévue en avril. Une étude centrée sur Bruxelles est également pertinente puisque les personnes souhaitant venir en aide aux migrants se réunissent tous les soirs au parc Maximilien, situé près de l’office des étrangers bruxellois. C’est également là que s’est lancé le mouvement. Notre analyse se concentre sur les mois suivants la campagne d’information afin d’assurer qu’un public diversifié réponde au questionnaire. Elle s’arrêtera en avril 2018 par le partage de notre questionnaire.
De Smet Roxanne; Ganna Caroline; Lachaume Alexa; Tesfay Dawit
Billet collectif 1 -Groupe 11
(1) Voir notamment https://www.rtbf.be/tarmac/article/detail_not-in-my-name-une-campagne-sauvage-denonce-la-politique-d-immigration?id=9757453 ; https://www.rtl.be/info/video/653359.aspx