[Groupe 1 – Billet Collectif n°2]

[Groupe 1 – Billet Collectif n°2]

Notre travail de recherche nous a amené à séparer nos résultats selon deux catégories. Les points communs ainsi que les divergences perçues dans les discours. Ces dernières s’opposent sur la troisième hypothèse de notre recherche qui s’intitule le respect de la loi a un impact sur les actions des citoyens hébergeurs, ceux-ci ayant peur d’aller à son encontre et de se voir inculpé par les autorités”.

 

Tout d’abord, pour remettre dans le contexte nous avons souhaité aborder avec eux les facteurs qui les ont poussés à agir, il s’agit là d’une parenthèse à notre travail.  Les intervenants s’accordent pour dire que leurs motivations premières sont d’ordres sociales. Ceux-ci tournent autour de la notion « d’humanité », il y a un sentiment « d’identification », « d’enrichissement personnel ». Cette première catégorie recense donc brièvement l’ensemble des idées communes exprimées par les interviewés dans le cadre des facteurs qui les poussent à agir et qui permet d’illustrer les facteurs de motivation. Les deux grandes sources de conscientisation des hébergeurs sont l’afflux d’images véhiculées par les médias et les témoignages de la plateforme d’hébergement.

 

Enfin, pour répondre à la question de recherche, un point très important que nous retenons de nos entretiens et des discours est que les hébergeurs considèrent être témoin d’un manque d’action de la part du gouvernement, ceux-ci ne faisant pas suffisamment pour venir en aide aux réfugiés. Nos résultats confirment donc notre première hypothèse : « Les hébergeurs de réfugiés sont en désaccord avec les décisions prises par le gouvernement fédéral sur la politique migratoire ». Nous notons donc un manque de responsabilité étatique dans le cadre de cet accueil. Des mots et concepts forts ont été utilisés par nos intervenants comme “politique minimaliste” « politique répressive » et “politique inhumaine” pour illustrer cette perception négative des autorités publiques. Le sentiment qui ressort le plus de nos entretiens est donc le sentiment de tristesse, de déception, d’abandon des pouvoir publics. De par le fait qu’il s’agit du cadre théorique de notre travail, nous avons souhaité confronter la notion de criminalisation des migrants aux intervenants. Cette notion a par ailleurs également été employée dans les discours que nous avons entendus pour exprimer les actions menées par le gouvernement à l’égard d’un nombre important de réfugiés.

 

Sur une même suite logique, les discours des hébergeurs dénoncent un recroquevillement du gouvernement Belge derrière des politiques internationales, ceux-ci cherchant à évacuer les problèmes liés à l’accueil dans leurs politiques, remettant cette problématique à demain, ne respectant pas le bien être commun et le respect des droits fondamentaux auxquels ont droit les réfugiés. Ces droits seraient donc complètement bafoués selon l’un de nos intervenants par le gouvernement ne mettant pas en place suffisamment de moyens en vue d’aider les réfugiés. Les discours de nos intervenants nous disent également que les seules politiques publiques mises en place n’ont que des solutions à court terme,  qui privilégient les réfugiés qui demandent l’asile, contrairement aux autres réfugiés qui ne reçoivent aucune aide, et voient leurs besoins primaires bafoués.

 

Finalement, nous soulignons une “généralisation malsaine du délit de solidarité” de la part des autorités dans les propos de l’un de nos intervenants, considérant qu’il n’est pas envisageable de confondre délit et solidarité. Nous avons souhaité à plusieurs reprises confronter cette notion durant nos entretiens afin d’en ressortir les réactions des citoyens. Les résultats nous montrent que tous s’accordent pour dénoncer ce terme comme étant injuste et totalement sorti de son contexte.

 

Passons ensuite à la deuxième catégorie qui reprend les divergences d’opinion des hébergeurs interviewés.  Cette catégorie se base essentiellement sur les réactions des répondants quant au respect de la loi. Les perceptions qu’ont les citoyens à l’égard du respect de la loi divergent. Le respect de la loi représente l’Etat, représente l’autorité et donc représente le gouvernement, ceux qui, sur le sol Belge, nous dirigent. Notre hypothèse est de dire que cela a un impact sur les réactions des citoyens et que cela pourrait aller à l’encontre de leur volonté d’agir. Nous pouvons confirmer cette hypothèse. Il y a bel et bien un impact du respect de la loi et des conséquences que cela peut amener sur la volonté des citoyens d’agir et d’héberger. Certains nous expliquent qu’il est compliqué de seulement suivre ses valeurs, qu’il est nécessaire d’avoir des lois pour maintenir un certain ordre dans un pays mais quand ces lois vont à l’encontre des droits de l’homme, ce serait néanmoins absurde de les suivre. Nous remarquons dès lors une tension entre la volonté de suivre ses valeurs et la volonté d’avoir des lois pour nous encadrer. Pour une autre citoyenne, il y a une volonté de dire que dans le cadre de l’hébergement des réfugiés, aucune loi ne pourrait empêcher un citoyen d’héberger un individu sans défense et réfugié. Cependant, cette même personne évoque le contexte actuel, plus complexe, qui fait qu’il n’est pas aussi facile d’aller au delà des lois. Finalement, la troisième réponse que nous avons pu inscrire dans nos résultats est l’importance de la réflexion autour des actes menés dans le cadre de l’hébergement. Cet hébergeur n’agira jamais sans penser aux conséquences de ses actes, afin de déterminer si ceux-ci sont conformes à la loi.

 

Finalement, bien que nous percevons des discours dotés d’une perception relativement négative à l’égard de l’aide apportée par les autorités, nous avons tout de même pu relever deux points positifs à nos résultats. Un point positif que les citoyens ont néanmoins véhiculé dans leurs discours est le renforcement de la solidarité en réaction aux politiques répressives et inefficaces des autorités. Bien que cela soit d’une certaine manière ironique, cela a été précisé à plusieurs reprises ce qui nous permet d’infirmer notre deuxième hypothèse : «  Les politiques menées par les autorités publiques tendent à faire peur et à décourager les hébergeurs dans leurs démarches d’accueil des réfugiés ». L’inaction du gouvernement amènerait donc à une conscientisation et une mobilisation plus accrue de la part des citoyens.

 

Un second point que nous relevons dans l’un de nos entretiens est le financement de la porte de Ulysse par la région de Bruxelles capitale, ce qui, selon l’un de nos intervenants, est une véritable avancée dans l’octroi de meilleures conditions d’accueil pour les réfugiés à Bruxelles. Nous soulignons néanmoins que cet accueil est limité, ne laissant place qu’à 300 réfugiés de sexe masculin et sans famille. Il y a donc des limites à l’aide des autorités selon les hébergeurs.

 

Groupe 1 – Marine Delbecq, Marie Ugeux, Sébastien Ettekal, Yusuf Acet

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