[Groupe 4] Billet Collectif

[Groupe 4] Billet Collectif

Nous avons terminé notre enquête sur les citoyens britanniques vivant en Belgique et nous souhaitons à présent partager les conclusions de notre recherche avec ce billet.

Ce qui nous intéressait avant tout dans notre enquête était le ressenti et la perception des citoyens britanniques, c’est pourquoi nous voulions les interroger directement à ce propos. L’identité est un concept assez difficile à définir est c’est seulement à travers un entretien approfondi que nous pouvions extraire des données utilisables à ce sujet. En tant qu’enquêteurs, il fallait dépasser le cadre du débat médiatique et s’intéresser plus profondément aux personnes concernées par le Brexit. La question a été plus ou moins difficile à traiter selon les enquêtés interrogés. Certains ont été plus impliqués que d’autres, cette implication donne lieu indirectement à des résultats différents dans un entretien. L’analyse des propos des enquêtés a été très importante puisque certains éléments implicites nous ont permis de mieux définir leur position sur la question de recherche.

Dans le cadre de notre enquête nous avons interrogé un certain nombre d’individus dont la tranche d’âge se situe entre 30 à 70 ans. Leurs professions sont variées puisque nous avons interrogés des commerçants, des employés bancaires, des professeurs, etc. Les enquêtés ont généralement vécu depuis longtemps en Belgique ou du moins en Europe. Malgré leur longue vie en Belgique et leur appréciation du pays, ces citoyens britanniques restent malgré tout attaché à leur pays d’origine et leur culture. Au niveau de la nationalité, on retrouve de tout, certains sont britanniques et d’autres ont la double nationalité belge et britanniques, ces choix sont rarement liés à l’idéologie des enquêtés mais plutôt à des raisons administratives. Notons également que certains de nos enquêtés sont toujours en cours de demande de nationalité belge.

L’opinion sur leur Brexit des citoyens est sans équivoque : ils ont voté pour rester et n’ont pas changé d’opinion entre temps à tel point qu’ils estiment que leurs compatriotes d’outre-mer ont fait un choix qu’ils ne comprennent pas. Les conséquences du Brexit vont être catastrophiques selon eux, notamment pour les jeunes. Un désaccord qui pourrait aussi provenir des informations qu’ils reçoivent sur l’évènement, la couverture médiatique du Brexit étant forcément différente d’un pays à l’autre, nos enquêtés réalisent eux-mêmes que leur lieu de résidence a peut-être eu une influence sur leur avis. Cette différence d’opinion donne lieu à un sentiment de mise à l’écart des ressortissants britanniques vivant en Belgique et les habitants du pays. Par rapport à leurs compatriotes belges, les enquêtés se sentent plus proches d’eux même s’il existe malgré tout une certaine différence avec eux, notamment culturelle. Cependant, la mixité du culturelle du pays aide à mitiger ces différences. Le Brexit n’aura, selon eux, très peu voire aucun impact dans leur vie actuelle. L’idée même de revenir dans leur pays d’origine leur semble peu envisageable.

Nous avons donc pu tirer de cette enquête deux types de cas : ceux qui disposent d’une double nationalité et ceux qui ne l’ont pas. Le conflit est présent chez les enquêtés qui ne disposent pas de double nationalité, même s’ils sont britanniques, ils estiment malgré tout que leur attachement à la Belgique et l’Europe est beaucoup trop forte pour être ignorée. Bien que leur origine et leur nationalité reste britannique, leur attachement à leur nouveau pays d’accueil prévaut sur leur pays d’origine dont ils se sont non seulement séparés physiquement mais également de manière plus figurée parce qu’ils ne se reconnaissent plus dans les valeurs de ce pays.

Cependant, le conflit est plus apparent dans le deuxième cas. D’après ce qui a été dit plus tôt, la nationalité britannique d’un ressortissant en Belgique n’aura que peu de conséquences en dehors de certaines facilités administratives. Cependant, beaucoup de nos enquêtés ont lancé une demande de nationalité de belge à l’issue du Brexit. Si ce n’est pas pour des raisons pratiques alors, peut-être une raison idéologique se trouve derrière cette décision ? Pourquoi faire ce choix alors que le conflit a été apparemment résolu ? Nous avons donc pensé qu’un conflit a eu lieu à l’époque de la décision mais qu’il a été résolu par la suite. Plus de deux ans se sont écoulés après le Brexit, le recul pris sur cet évènement a peut-être permis à ces personnes de réfléchir de manière plus longue à leur identité. Pour les demandeurs actuels, un conflit pourrait avoir lieu également mais nous avons réalisé que leur décision a eu lieu sûrement parce qu’ils ont mieux compris leur position sur la question. Certains demandeurs ont même admis que le processus a été lancé en guise de « protestation » contre le Royaume-Uni de leur avoir « enlevé » leur nationalité européenne.

Notre enquête a cependant montré certaines limites. Tout d’abord, les personnes interrogées viennent avant tout de la même classe sociale, il a été difficile pour nous de trouver des personnes de milieux plus aisés ou beaucoup moins aisées, ces derniers auraient pu avoir une opinion différente à ce sujet compte-tenu de leur milieu social. Notre enquête a été basée essentiellement sur des entretiens semi-directifs et nous n’avons donc pas utiliser d’autres moyens de récolter des données. Bien que nous estimions encore que notre méthode d’enquête a été la plus pertinente pour la question de recherche, les données recueillies lors de focus groupes, grâce à l’échange entre les divers enquêtés, auraient pu être très utile dans notre recherche.

Cette enquête nous a permis d’un peu mieux comprendre le ressenti des ressortissants britanniques vivant en Belgique. Malgré un attachement relativement prononcé pour leurs origines et leur culture, nos enquêtés ont montré que le sentiment d’appartenance pour la Belgique et par extension, l’Europe est manifeste. Le conflit d’identité a peut-être existé mais est à présent de l’histoire ancienne.

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