RÉSULTATS D’ENQUÊTE : Groupe 3 – Les représentations du conflit israélo-palestinien en Belgique

RÉSULTATS D’ENQUÊTE : Groupe 3 – Les représentations du conflit israélo-palestinien en Belgique

Tout d’abord, notre groupe de recherche a voulu travailler sur la manière dont le conflit israélo-palestinien peut se manifester en occident et, plus particulièrement, en Belgique. Nous avons donc choisi de nous intéresser aux représentations du conflit au Proche-Orient chez les étudiants de Science Politique de l’ULB. Notre question de recherche est donc : « Comment ces étudiants se représentent-ils le conflit israélo-palestinien? ». Nous avons ensuite fait le choix, pour notre hypothèse, de nous appuyer sur une littérature nous révélant l’existence d’un « culte de la victime » dans les représentations existant sur le peuple juif dans le conflit israélo-arabe. Notre hypothèse en a donc découlé comme suit : « les étudiants perçoivent le peuple israélien comme un peuple victime à travers l’Histoire ». Ensuite, nous avons amené une sous-hypothèse provenant d’un autre ouvrage sur la littérature sur le sujet : « les étudiants associeraient la violence induite par les israéliens comme des représailles et qualifierait celle perpétrée par le peuple palestinien comme terroriste ». Nous allons à présent, nous pencher sur les résultats obtenu par l’analyse de notre focus.


D’abord, nous nous sommes penchés sur la vérification de notre hypothèse principale. En effet, nous avons pu analyser deux représentations dominantes concernant les peuples israéliens et palestiniens au sein des six participants. Celles-ci étaient portées par deux étudiants ayant davantage monopolisé le débat que les autres. Cependant, ces derniers ont, par certains mécanismes langagiers ou corporels, montré leur intérêt, accord ou désaccord avec ce qui était argumenté par les deux « protagonistes ». Les participants étant plus effacés se ralliaient davantage à la deuxième représentation que nous exposerons ici.

Premièrement, un participant associe le peuple israélien à une position de victime – des persécutions qu’il a subit durant l’histoire (1) et d’une instrumentalisation de la part de son gouvernement (2). Il affirme, par ailleurs, que les palestiniens sont bien représentés dans toutes les sphères de la société israélienne (3). Néanmoins, une partie du peuple palestinien seraient tout de même victime de l’autorité palestinienne principale, le Hamas (4). Deuxièmement, la majorité des étudiants sont d’avis que les palestiniens sont la principale victime dans ce conflit mais que les israéliens sont instrumentalisés par leur gouvernement de droite extrémiste. De ce fait, notre hypothèse centrale n’est que partiellement vérifiée puisque le peuple israélien est perçu comme victime mais les participants ont davantage une représentation du peuple palestinien comme la victime principale du conflit.

Ensuite, concernant notre sous-hypothèse sur la perception de la violence dans le cadre du conflit israélo-palestinien, nous avons, à nouveau, dégager deux représentations principales. La première est que les autorités palestiniennes -le Hamas- sont terroristes (5) mais que tous les palestiniens ne pourraient pas être qualifiés comme tels. La deuxième est que la violence et la radicalisation du peuple palestinien pourraient être justifiés par la situation difficile à laquelle il fait face (6). Par ailleurs, dans une bien moins large mesure, la violence perpétrée par les israéliens dans un objectif de défense pourrait être justifiée (7). Par conséquent, notre hypothèse n’est pas entièrement vérifiée non plus puisque la dualité de violence palestinienne qualifiée de « terroriste » et la violence israélienne associée à des « représailles » n’est pas retrouvée – ce dernier terme n’a même pas été une seule fois évoqué par les participants.

 

En bref, nous arrivons au résultat que nos hypothèses ne sont que très partiellement vérifiées puisque la majorité des participants sont davantage de l’avis que le peuple palestinien est la victime du conflit au Proche-Orient et que cette posture pourrait expliquer ses actions violentes.


En ce qui concerne la construction des représentations au sein de la dynamique de groupe, nous avons observé que deux participants incarnaient les deux pôles principaux et opposés du débat. En effet, comme vu plus haut, certains ont plutôt tendance à être du côté de la cause palestinienne, d’autres plutôt de l’israélienne. Quant aux autres idées, elles se construisaient autour de ces deux pôles dominants. Ensuite, nous avons relevé que nos intervenants appuyaient leurs propos par des faits historiques et des faits d’actualité (8). De plus, les participants ayant tendance à monopoliser le débat semblaient avoir une meilleure connaissance des faits historiques constituant le conflit israélo-palestinien (9). Finalement, ce focus group révèle que nos participants étaient davantage dans une réflexion sur les solutions à apporter au conflit israélo-palestinien plutôt qu’une perception « victime-coupable » concernant les deux partie au conflit.

En conclusion, notre hypothèse ne fut que partiellement vérifiée. De plus, contrairement aux attentes que nous nous faisions, les représentations des étudiants sur le conflit israélo-palestinien ne sont que dans une moindre mesure axées sur un recherche des responsables de la situation au Proche-Orient. Une recherche concernant les opinions des individus sur les solutions à apporter au conflit serait alors pertinente.

 

(1) : « [Les juifs] ont été chassés et en plus ils n’ont jamais pu revenir parce qu’en plus il y a les différents empires qui [les] persécutaient ! Il y a eu l’empire byzantin, puis il y a eu l’empire ottoman ou islamique », Retranscription, p. 37.
(2) :  « (…) tu as des gens comme Netanyahu, qui sont d’extrême droite comme ça, qui instrumentalisent beaucoup la population. », Retranscription, p. 41.
(3) :  « (…) mais [les palestiniens] sont quand même représentés dans tous les organes de l’Etat, (…) dans quasi tous les secteurs y a .. y a des arabes. », Retranscription, p. 18
(4) : « (…) le Hamas c’est vraiment un groupe extrémiste-terroriste-fondamentaliste qui n’accorde aucune liberté individuelle au Gazaouis (…) », Retranscription, p. 26
(5) : « (…) le Hamas c’est vraiment un groupe extrémiste-terroriste-fondamentaliste (…) », Retranscription, p. 18
(6) : En parlant des palestiniens : « Faut voir la création, je veux dire tu grandis avec ton papa et ta maman qui ont été butté ton frère… c’est pareil avec le Hezbollah tu vois. », Retranscription, p. 32 
(7) :  « (…) si on se fait l’avocat du Diable, moi je viens me mettre du point de vue des israéliens. (…) il y a quand même des moments où tu crains un peu pour ta sécurité (…) », Retranscription, p. 34
(8) :  Retranscription : à voir tout au long de celle-ci.
(9) :  Retranscription, pp. 12-22.

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