(Groupe 14) – Les femmes et la diplomatie.

(Groupe 14) – Les femmes et la diplomatie.

Le Women in Diplomacy Index (2022), rapporte que seulement 21,6% des diplomates provenant des quarantes plus grandes économies, selon la production industrielle, sont des femmes. Malgré un nombre de femmes parlementaires élevé au parlement belge (41,3% en 2020 selon le #SHEcurity Index) (Neumann, 2021), le nombre d’ambassadrices restent très bas avoisinant les 11%. La même situation se retrouve dans les bureaux de représentation étrangers en Belgique : 43 ambassadrices, soit 23,3% (SPF Affaires Etrangères, 2022). La Belgique n’est pas un cas isolé. On retrouve une sous-représentation des femmes dans toute sphère politique. Certains pays comme la France, l’Espagne et le Portugal ont essayé et essaient toujours d’y remédier en introduisant des quotas hommes-femmes. Cela a eu pour conséquence l’augmentation des pourcentages de femmes dans les sphères politiques. Cependant, le nombre d’ambassadrices reste infime. 

  Comment expliquer ces pourcentages ? Comment expliquer cette lente féminisation de la profession ? L’une des justifications de cette lente féminisation est que concilier la vie de famille et la carrière constitue un obstacle plus important pour les femmes que pour les hommes, d’autant plus que le métier est encore souvent considéré comme un métier d’hommes. Le Royaume-Uni, par exemple, a interdit aux femmes diplomates de se marier jusqu’en 1972, l’Irlande jusqu’en 1973. Les femmes ont souvent été exclu des processus de décision politique et du monde diplomatique comme le montre le cas de l’Espagne qui a interdit le recrutement de diplomates femmes jusqu’en 1962 (Demel, 2020). Le rôle des femmes dans le monde diplomatique a longtemps était passif. La littérature scientifique s’est plutôt concentrée sur la femme de diplomate plutôt que la femme diplomate. Nous avons constaté qu’il existe une littérature considérable qui porte sur la femme de diplomate, notamment sur le rôle traditionnel qu’elle incarnait à l’époque en tant qu’épouse. Une étude s’intéresse à la manière dont l’épouse aide son mari dans sa profession diplomatique grâce à son « capital rationnel et économique » afin d’alimenter le réseau d’influence de son époux (Loriol, 2016).  Cependant, très peu d’articles se sont penchés sur la femme diplomate. En outre, parmi le peu d’étude qui porte à ce sujet, le travail de Loriol (2009) nous a montré qu’en 2006, seulement une femme sur quinze était suivie par son mari. Les quatorze femmes diplomates restantes étaient célibataires. Selon l’auteur, ce haut taux de célibat chez les femmes diplomates s’explique par plusieurs éléments, notamment la difficulté d’allier vie privée et professionnelle, l’implication forte dans des réunions tardives, etc. En effet, être diplomate implique une forte disponibilité et un « engament total dans le travail » (Denéchère, 2003). En outre, Loriol (2016) ajoute que la femme diplomate est contrainte de choisir entre sa profession et sa famille. De plus, à moins qu’elle parvienne à trouver un mari qui aurait un emploi du temps plus flexible afin de pouvoir effectuer facilement sa profession dans un autre pays, la femme diplomate sera obligée de rester dans le célibat, et donc de subir un travail plus conséquent : s’occuper de sa carrière et de son foyer. 

 Nous pouvons citer le cas de Mme Jayathma Wickramanayake, l’Envoyée du Secrétaire général des Nations Unies pour la jeunesse, haut poste diplomatique au sein des Nations Unies, a dû se rendre à New York. Son mari l’a alors suivi et mis sa carrière en suspens le temps du mandat de son épouse. Les cas de figure tels que celui de Jayathma sont rares.   

Nous voulons donc étudier les femmes dans le monde diplomatique, grâce à une analyse à deux niveaux. Tout d’abord, nous nous concentrerons sur les processus d’accession des femmes au monde diplomatique. Ensuite, nous voulons nous concentrer sur les moyens utilisés par les femmes pour rester à ces postes : les sacrifices, les choix de carrière, le quotidien. Comment les femmes rejoignent le monde diplomatique et comment y restent-elles ? Comprendre les difficultés auxquelles elles font face tout au long de leur carrière dû à leur genre. Le monde diplomatique étant dominé par les hommes. Il nous semble important de comprendre les structures sociales qui définissent ce phénomène. 

Pour répondre à cette question, nous avons décidé d’utiliser une méthode qualitative grâce à des entretiens semi-directifs. Nous collecterons et analyserons les données de ces entretiens pour répondre à notre problématique. Nous avons choisi les entretiens semi-directifs pour nous permettre d’obtenir les informations car cela nous permet de guider la discussion tout en laissant une certaine marge de liberté aux personnes interrogées. Cela pourra même nous offrir des perspectives que nous n’aurions pas envisagées. Nous réaliserons des entretiens avec le maximum de femmes diplomates sur le territoire bruxellois. Les entretiens auront lieu entre avril et mai 2022.  

En ce qui concerne l’approche théorique, nous allons explorer notre question avec une approche constructiviste, cela nous permettra de comprendre le phénomène social en considérant la construction sociale comme facteur majeur. Sachant que nous allons traiter d’un aspect des études ou de l’observation du genre, l’approche constructiviste engloberait la question posée par les féministes libérales sur le rôle des femmes dans la politique mondiale. A travers ce travail, nous irons au-delà des rôles et explorerons comment ces femmes diplomates s’épanouissent dans les rapports internationaux. L’emploi du constructivisme permettra d’effectuer une analyse empirique des femmes diplomates sur la scène internationale : ici Bruxelles. Ainsi, cette enquête sera réalisée par observation. 

Bibliographie : 

Laisser un commentaire