[Billet collectif n°1 – Groupe 8] La participation politique des belgo-turcs en relation avec leur(s) identité(s)
Suite au référendum constitutionnel turc de 2017, une large participation de la diaspora turque de Belgique a pu être observée. Autour de cette participation politique très médiatisée et qui a déclenché une polémique dans la presse belge, la problématique de la double nationalité et de la double participation politique entre le pays d’origine et le pays d’accueil est une question politologique très actuelle.
Dans le cadre du sujet global de l’identité choisit pour le cours de méthodologie nous pensons qu’il est intéressant de confronter cette double participation politique avec la structuration identitaire des belgo-turcs. Existe-t-il une identité qui favorise l’une ou l’autre de ces participations ? Existe-t-il une identité qui favorise plus l’une ou l’autre, ou aucune participation politique ? Voilà le type de questions auxquelles ce travail ambitionnera de répondre.
Notre question de recherche : “Quelle structuration identitaire, pour quelle participation politique ? Au sein de la communauté turque de Belgique”
Les théories de la participation politique mettent en avant les catégorisations sociales pour expliquer la participation politique ou son absence. Tenter de substituer cette grille de lecture sociale du phénomène de la participation par une grille identitaire, nous paraît être une expérimentation politologique intéressante.
Autre sujet, autre question sous-jacente, le vote intra-communautaire rattachée à la problématique de la double nationalité, régulièrement en débat depuis les attentats. Lorsque nous étudions la structuration identitaire, c’est-à-dire l’organisation des différentes identités d’un individu en lien avec sa participation politique, la question du vote intra-communautaire émerge rapidement. Existe-t-il une structure identitaire qui explique de manière valable le vote intra-communautaire des individus ?
Ainsi nous voyons se déployer le questionnement de ce travail en une série de sous-questions et de sujets annexes intéressants. Il est certain que nous devrons recentrer notre attention au fur et à mesure de l’avancement du travail, pour nous concentrer sur les questions qui nous paraitront les plus intéressantes à mesure quelles se dévoilent à nous.
Au niveau de la méthode nous avançons vers un double parcours de recherche. D’une part nous comptons réaliser une série d’entretiens avec les différents types d’acteurs de la communauté turque de Belgique; qu’ils soient politiques, associatifs, religieux ou de simples membres. D’autre part nous développerons et distribuerons un questionnaire à un nombre le plus large possible de belgo-turc. Cette double approche méthodologique, d’après nous, sera le gage de résultats les plus scientifiques possible, alors que nous soupçonnons la possibilité de réponses biaisées par la sensibilité du sujet, notamment autour de la question du vote intra-communautaire.
Réponses biaisées, sensibilité autour de la question de l’immigration, de l’Islam, nous avons conscience de travailler autour de problématiques complexes et actuellement exacerbées. Nous prévoyons donc des difficultés autour de ces questions. Autre difficulté, alors que nous débutons notre état de l’art nous remarquons que notre sujet faisant le lien entre identités et participations politiques croisées entre deux pays est peu pourvu en publications scientifiques. Mais nous en sommes qu’au début du processus de recherche.
Zeynep Guven, Laurent Leyssens, Yitian Qian