Billet Collectif numéro 1-Groupe 12: Parti du Travail de Belgique et reconfiguration identitaire?

Billet Collectif numéro 1-Groupe 12: Parti du Travail de Belgique et reconfiguration identitaire?

Depuis la crise des subprimes et la crise de la dette au sein de l’Union Européenne, de nouveaux mouvements sociaux, revendiquant la lutte contre les inégalités sociales, ont émergé: Indignés, Occupy Wall Street et plus récemment le mouvement contre la loi “El-Khomri” sur le travail en France. Ces mouvements sociaux ont suscité l’émergence et le succès de nouveaux partis de gauche radicale dans de nombreux pays européens et posent la question de la reconfiguration des identités partisanes au sein des partis se disant de gauche. Dans le contexte de l’apparition d’une “nouvelle gauche” notre projet de recherche entend évaluer l’adaptation éventuelle du Parti du Travail Belge (PTB) à ces reconfigurations identitaires.

Loin d’être une nouvelle formation politique, le PTB, après une période de crise, semble s’être réformé suite au congrès de 2008 dans le but d’obtenir une plus large adhésion des électeurs. Cette stratégie s’est avérée payante au vu des succès électoraux remportés par le parti lors des dernières élections et son entrée au parlement en 2014[1]. Selon P. Delwit, la réforme qu’a connu le parti en 2008 esquisse surtout une nouvelle communication, plus souple et plus accessible[2] tandis que les valeurs et les références constitutives de l’identité du parti reste inchangées, bien que mises en retrait[3]. Nous proposons, dans cette perspective, d’évaluer les toutes dernières tendances et évolutions du PTB en termes d’identité aussi bien en interne, chez les cadres du parti, issus de l’école marxiste-léniniste que chez les nouveaux adhérents et sympathisants ayant pu être séduits par l’identité que le parti entend projeter vers l’extérieur.

A cette fin, nous tenterons de répondre à la question suivante : “Comment l’intégration de nouveaux adhérents et les récents succès électoraux du PTB depuis le congrès de 2008 ont-ils influencé l’identité du parti ?”  Afin de nous aider à répondre à cette question nous entendons explorer certains éléments d’analyse suggérés par  P. Delwit dans son ouvrage. Ceux-ci relèvent d’approches théoriques variées : tout d’abord, évaluer le rôle majeur de Ludo Martens en tant que “gardien” de la doctrine marxiste-léniniste au sein du parti[4] avant et après sa mort en adoptant une approche sociologique; il pourrait être intéressant d’élargir cette démarche à d’autres personnalités du parti. Ensuite dans une perspective néo-institutionnaliste historique, nous chercherons à savoir si la stabilité de l’identité du parti a pu bénéficier d’un effet de dépendance au sentier comme le pense P. Delwit[5].

Enfin nous explorerons le discours du PTB et ses transformations récentes dans sa dimension dénonciatrice et sa posture d’indignation[6] afin de comprendre en quoi elle peut résonner avec les valeurs et l’identité revendiquées par les adhérents de longue date ou plus récents. Ce projet de recherche comporte donc des aspects épistémologiques utiles à ceux qui désirent comprendre le fonctionnement des relations entre identité partisane et performance électorale, entre discours et adhésion.

B. T., Victor Vanderhoeven, Clément Tilly, Margaux De Bom Van Driessche

 

[1] A.Clevers & S.Tassin, “Baromètre politique : le PTB poursuit son envol”, La Libre Belgique, publié le 2/12/16, consulté le 27/02/2018

[2] P. Delwit, PTB : Nouvelle gauche, vieille recette, éditions Luc Pire, 2014, Liège, p. 321

[3] ibid. p.322-323

[4] ibid. p. 372

[5] ibidem

[6] ibid. p. 373

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