(Groupe 10) Billet individuel – Pauline Louet Prély

(Groupe 10) Billet individuel – Pauline Louet Prély

BILLET INDIVIDUEL

Sujet : Le conflit entre consommer éthique ou à petit prix : les modes de consommation des habitants de différents quartiers de Bruxelles.

Hypothèse : Le pouvoir d’achat des ménages, facteur économique, a une influence majeure sur les habitudes de consommation des individus au détriment des produits issus d’une agriculture plus respectueuse.

Question de recherche : Alors que « les courses » chez un ménage sont corrélées à la notion de pouvoir d’achat, la sensibilisation sur l’imperfection des modes de productions alimentaires se démocratise. Quelle est l’influence d’une « mode » valorisant une pratique de consommation alimentaire éthique, donc d’achat dit local, sur le quotidien des bruxellois en fonction de leur quartier de résidence ?

Les nouveaux modes de consommation alimentaire

« Les comportements alimentaires s’élaborent et évoluent tout au long de la vie en fonction de multiples facteurs, dordre physiologique, psychologique, sensoriel, cognitif, économique et social. »1

Cet extrait tiré de l’ouvrage Comportements alimentaires. Choix des consommateurs et politiques nutritionnelles met en valeur l’influence de facteurs externes sur l’alimentation des individus. Perçu comme un acte très personnel, le fait de se nourrir répond à des normes sociales autres que celles présentent dans l’intimité du foyer. Ces dernières années ont émergé de nouveaux modes d’alimentation, de consommation et d’achat. La restauration rapide, aussi appelé « malbouffe », a été encouragée par une individualisation accélérée de la sphère privée et professionnelle, ce qui a bouleversé les rythmes sociaux. En réaction à ce mode d’alimentation jugé néfaste pour la santé des individus et pour l’environnement, un nombre croissant de consommateurs optent pour un retour à une alimentation locale, c’est-à-dire une alimentation saine et naturelle, non transformée et donc qui provient d’un système de production durable ou biologique. C’est en cela que le panier des consommateurs est modifié et contient des produits issus du cycle naturel. De cette quête du manger « sain et naturel » s’est construit un modèle alimentaire induisant de nouveaux comportements et modes de consommation et dachat, plus respectueux de lhomme, de la biodiversité et des territoires.

Les nouveaux comportements de consommation alimentaire saine sont généralement associés à l’agriculture biologique. Selon l’enquête de consommation alimentaire 2014 – 2015 à l’initiative du Ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, du Le SPF Santé publique, Sécurité de la chaîne alimentaire et Environnement, la consommation de produits issus de l’agriculture biologique a considérablement augmenté ces dernières années en Belgique. Ces produits sont considérés par la population belge comme plus sains et avec plus de goût. L’intérêt des produits biologiques provient, de l’utilisation raisonnable de pesticides et du fait que l’agriculture biologique est plus respectueuse de l’environnement en comparaison aux modes de production conventionnels. L’enquête démontre que la ville de Bruxelles héberge les individus qui consomment le plus d’aliments « bio ». Pour les consommateurs belges, l’achat de produits biologiques est justifié car ils seraient plus « sains » pour la santé (selon 51% des individus interrogés). 31% d’entre eux expliquent ce choix par son impact moindre sur l’environnement. Des initiatives émergent comme les « Paniers Verts », de l’entreprise eFarmz, qui forme une coopérative réunissant producteurs et consommateurs bio dont le concept est de fournir chaque semaine un panier bio de produits de saison, en provenance directe des fermes.

Aujourd’hui les produits bio envahissent les supermarchés. Cela prouve que de nouveaux modes de comportement, de consommation et d’achat sont entrés dans les moeurs et se sont démocratisés. Des campagnes de sensibilisation alimentaire sont mises en place par le gouvernement. L’achat de produits locaux est également un enjeu économique et social. Les revendications des agriculteurs soumis aux économies d’échelles des grandes surfaces sont à prendre en compte. Malgré tout, ces nouveaux modes de consommation représentent un coût pour les ménages. Tous les individus ne peuvent se permettre de consommer des produits issus de modes de productions respectueux pour l’environnement et la santé.

Nous pouvons nous demander s’il est possible de consommer sain et local en faisant nos courses dans un supermarché. Est-il réellement possible de conjuguer respect de l’environnement, de l’agriculteur et du consommateur en employant un mode de production intensive ? Notre objectif est de déterminer si la croissance de la sensibilisation alimentaire a un impact mesurable sur les pratiques de consommation des individus ou si le facteur économique prime sur les modes de consommation alimentaire.

Bibliographie :

  • INRA , Comportements alimentaires. Choix des consommateurs et politiques nutritionnelles, Editions Quæ, « Matière à débattre et décider », 2012, 104 pages.

Sitographie :

1 INRA , Comportements alimentaires. Choix des consommateurs et politiques nutritionnelles, Editions Quæ, « Matière à débattre et décider », 2012, 104 pages

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