[Groupe 2] Billet individuel – Nicolas Verrier

[Groupe 2] Billet individuel – Nicolas Verrier

Dans le cadre de ce cours, nous sommes amenés à travailler sur la thématique du conflit. Afin de se détacher de ce que l’on entend généralement par le conflit, nous nous sommes intéressés à la question post-coloniale. Au travers de nos premières recherches, nous nous sommes rendus compte qu’il serait intéressant d’étudier la façon dont les pouvoirs publics belges organisent leur devoir mémoriel relatif à la (dé)colonisation du Congo ayant fait de très nombreuses victimes aux quatre coins du pays. Comme vous le savez peut-être déjà, le Congo Belge a déclaré son indépendance en 1960 au travers du célèbre discours de l’indépendance du 30 juin du premier ministre de l’époque: Patrice Lumumba. Nouvellement renommé en Zaïre puis en République Démocratique du Congo, l’Etat entame, notamment, son processus d’émancipation par rapport à la Belgique.

La Belgique, autrefois colonisateur à du mal à accepter que le Congo puisse devenir indépendant après 52 ans de colonisation belge (sans oublier la période précédente où le Congo appartenait pleinement à Léopold II). Trois mois après son fameux discours, Patrice Lumumba est assassiné (les Etats-Unis, la France et la Belgique auraient participé à l’assassinat). Il nous a paru alors intéressant de d’analyser le conflit mémoriel autour de cette question. Depuis le 28 juin 2018, une place Lumumba a vu le jour dans la commune de Bruxelles-Ville après plus de 15 ans de militantisme de la part du CMLCD. Normalement, cette place devait se trouver à Ixelles, non pas loin du célèbre quartier Matongue (nom emprunter d’un quartier dans la capitale de la RDC : Kinshasa) où une grande diaspora d’afro-descendant y travaille. L’ancienne Bourgmestre de Ixelles (Dominique Dufourny) n’a jamais voulu une place Lumumba à Bruxelles (et a voulu rebaptiser le quartier Montage en quartier des continents). Depuis les nouvelles élections communales d’octobre 2018 et l’excellent résultat d’Ecolo, le collectif espère désormais des meilleures relations avec les autorités communales afin que le devoir mémoriel soit enfin effectué.

Nous avons donc décidé d’orienter notre question de recherche autour de la place Lumumba qui nous parait centrale quant à la question du conflit mémoriel à Bruxelles. Nous voulons comprendre pourquoi Lumumba est choisit comme une figure iconique par le collectif pour représenter la mémoire post-coloniale et dans la même perspective pourquoi les pouvoirs publics ne s’empressent pas de résoudre la question post-coloniale et de sa mémoire. Nous avons décider de procéder en deux parties : la première consistera à faire des entretiens (semi-directif) avec le Collectif afin de recueillir des informations concernant la lutte, le militantisme et la vision des afro-descendants quant à la question : le prochain en date étant 28 novembre. Afin d’étudier le second versant (qui nous parait pour le moment dominant) des pouvoirs publiques, nous avons décider d’analyser les discours et discutions faites au sein du conseil communal mais également d’analyser le programme scolaire (comment l’enseignement belge aborde la question de (dé)colonisation du Congo par la Belgique ?). Pour compléter l’apport d’information par ces différentes méthodes, nous avons participer à une visite (en octobre) que propose régulièrement le Collectif : il existe au total neuf parcours dans Bruxelles où chacun reprend des spécificités de la période coloniale. Nous avons choisis d’observer la visite autour du quartier Matonge pour comprendre l’agencement urbanistique autour de la question post-coloniale : comment Bruxelles reflète-elle la (dé)colonisation au travers de ses installations urbaines (statue, place, bâtiment, œuvre urbaine, musée, etc.). Une fois toutes les données collectées nous confronteront alors les deux discours (celui du collectif et celui des pouvoirs publics) pour comprendre les différents enjeux, les différentes attentes des deux parties quand devoir mémoriel.

 

Nicolas Verrier

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