[Groupe 4] – Billet individuel : Réflexion sur le Sujet – Milad Sassine

[Groupe 4] – Billet individuel : Réflexion sur le Sujet – Milad Sassine

Après avoir fait un tour dans la littérature existante sur le sujet et établi nos pistes de recherche nous allons enquêter sur la/les perception(s) qu’ont les britanniques vivant en Belgique d’eux-mêmes cela dans le cadre du Brexit.

Ce qui m’intéresse c’est ce que ces britanniques pensent d’eux-mêmes, de leur identité. C’est leurs perceptions qui seront sujettes à notre analyse.

Nous avons d’abord travaillé sur la notion d’identité qui est particulièrement intéressante au Royaume Uni et cela dans une perspective historique[1], politique[2] et géographique[3]. Il apparait ainsi qu’il y a différentes catégories d’identités qui coexistent au Royaume-Uni. C’est un point important pour la suite de notre travail.

Cette identité c’est aussi forgé face à la construction d’une identité européenne souvent en opposition à celle-ci, en tout cas figurant parmi les plus bas niveaux d’identification à celle-ci. Plusieurs travaux ont mis en évidence cela notamment grâces aux enquêtes Eurobaromètre (64, 65, 69…)[4].

Un troisième élément est à mettre en évidence par rapport à notre sujet c’est que la catégorie que nous nous proposons d’étudier, et c’est en cela que l’on retrouve la thématique du conflit, est une catégorie à part. Ce sont des britanniques vivant au cœur de l’Union Européenne, qui échappent peut-être à la réticence globale vis-à-vis de celle-ci et aux critères nationaux qui définissent certaines catégories d’identités britanniques. Ils sont donc « en conflit » avec d’une part leurs nationaux qui résident toujours au Royaume-Uni et qui quittent l’Europe (qu’ils aient voté pour le Brexit ou pas) et avec les Européens qui porte un regard généralisateur sur les britanniques comme étant ceux qui quittent l’Union même s’ils résident physiquement sur son territoire. Ils sont donc à cheval entre un navire qui quitte un port et ce port. Il s’agit donc de voir comment ils font face intérieurement à ce conflit, choisissent-ils leur camp ou s’érigent-ils en une nouvelle catégorie à part.

C’est en tout cas dans cette dernière perspective qu’ils ont été traités dans le cadre du Brexit puisqu’il s’agissait de négocier la situation des britanniques résidant et travaillant dans l’Union Européenne comme sujet à part.

Mais ce que nous voulons voire c’est ce qu’eux pensent et non pas comment en parlent la presse et les fonctionnaires en charge du dossier Brexit.

C’est là l’intérêt de notre sujet de recherche et c’est pour cela que nous avons opté pour des entretiens semi-directifs qui permettent d’obtenir une certaine profondeur tout en cadrant les réponses.

[1] Virginie Barrier-Roiron, « Une identité impériale sans Empire? Le sens de la politique de décolonisation britannique », Revue LISA/LISA e-journal, Vol. V – n°3 | 2007, 14-23.

[2] Karine Tournier-Sol, « Identité britannique et identité européenne dans la politique du New Labour », Observatoire de la société britannique, 5 | 2008, 273-283.

[3] Xingming, Pan. “L’identité nationale britannique et l’intégration européenne”. Duanmu Mei, et Hugues Tertrais. Temps croisés II. Paris : Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2010. (pp. 73-99)

[4] Soufflot de Magny, Renaud. « L’identité européenne. Perception et construction », Relations internationales, vol. 140, no. 4, 2009, pp. 103-112.

 

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