[Groupe 6] Billet individuel Vano Avetisyan
Dans les démocraties contemporaines le principal mode d’expression des opinions est l’acte électoral. Cela dit l’élection en elle-même fonde la représentation des opinions et la légitimité de ce régime. Bertrand Denni définit la participation politique ainsi : « L’ensemble distinct et homogène des activités par lesquelles la masse des citoyens est habilitée à entrer en contact avec le monde séparé du pouvoir » (1) Dans le cadre de notre étude, tout en restant dans le thème principal du conflit, nous nous sommes intéressé à la question concernant le choix politique qui, a priori est un acte individuel, mais qui peut être la raison d’un conflit intergénérationnel. Il y a cette idée belle et généreuse dans l’imaginaire collectif du choix libre et indépendant de celui qui voterait, cependant des études en la matière affirment parfois le contraire. Le choix comme tout autre action est parfois conditionné, déterminé par le milieu, la place sociale et notamment la famille. Alors la question qui pourrait être posée est celle de comment l’aliénation par rapport à la base sociale ou familiale qui déterminerait le choix politique se produit ou quels sont les facteurs qui y contribuent à la rupture ? La question étant vaste nous nous sommes limité au cas des étudiants qui dans la poursuite de leurs études auraient rompu et abandonné cette reproduction générationnelle du vote. Pour ce faire nous avons questionné des étudiants de la section de la science politique, pour comprendre si les études de la politique, ont joué un rôle dans cette rupture mais aussi des étudiants de d’autres orientations afin de comparer les résultats obtenus.
Ainsi partant des études effectuées en la matière comme celle d’Anne Muxel qui qualifiais d’ « affiliés » les individus qui reproduisent la préférence politique d’au moins un de leurs parents.(2) Ou pour citer le paradigme de Micihgan « Les enfants héritent de leur famille d’origine des préférences partisanes stables, qui fonctionnent comme des repères et leur fournissent des grilles de jugement durables. »,(3) nous pouvons dès lors affirmer que le choix politique est, du moins aussi influencé que les autres actions individuelle. Le choix des étudiants en sciences politique n’est pas du tout anodin. En effet nous sommes parti de l’idée que les étudiants en science politique seraient plus enclins à changer d’opinion politique que d’autres étudiants de d’autres orientations, dû à la proximité à la philosophie des idées politiques, de leurs émergence et leurs développement dans le temps.
Nous avons opté pour une méthode d’enquête d’entretiens semi directif afin de laisser une marge d’appréciation importante aux personnes concernées. L’une des plus grandes fragilités rencontrées lors des mes demandes de participation, était la justification de la pertinence de l’étude, surtout aux étudiants de d’autres filières. Assurément, les demandes faites par des étudiants sont moins prises au sérieux, sans doute à cause de la proximité entre étudiants mais aussi le manque de la rhétorique de la « scientificité de la question ».
(1) DENNI Bertrand, Participation politique et Démocratie : définition et facteurs de la participation politique, Grenoble, thèse d’État pour le doctorat de science politique, 1986.
(2) MUXEL Anne, L’Expérience politique des jeunes, Paris, Presses de Sciences Po, 2001
(3) CAMPBELL A., CONVERSE P., MILLER W., STOKES D., The American Voter, New York, John Wiley and sons, 1960